Rencontre avec une poétesse québécoise

Mise à jour jeudi 5 juillet 2018

Les élèves de première section européenne ont pu discuter avec Natasha Kanapé Fontaine, slameuse, poétesse, comédienne et peintre innue (peuple autochtone d’Amérique du Nord). Rencontre placée sous le signe de l’échange entre peuples…

C’est dans le cadre du projet « Filles garçons : la mixité sex’prime », coordonné par la ligue de l’enseignement et le réseau des bibliothèques de Brest, que les élèves ont pu échangé à la médiathèque de Bellevue, avec Natasha Kanapé Fontaine, le 8 mars 2016, journée internationale des femmes.

Natasha Kanapé Fontaine a accueilli les élèves en langue innue, pour faire résonner les sonorités de sa langue maternelle. Puis, elle a longuement répondu aux questions posées sur l’identité innue, les cultures autochtones, les discriminations et son militantisme en faveur de l’écologie. Les élèves ont été sensibles à la lecture de ses poèmes, à sa démarche artistique en faveur du dialogue et de l’échange de valeurs.

The Innus are a group of natives from the East of the Quebec-Labrador peninsula. The word « Innu » means « Human being » in their language, the « Innu-aimun ». Today, there are over 16,000 Innus who live in eleven communities in Quebec and two in Labrador.


Les Innus sont un groupe d’autochtones de la zone Est du Québec. Le mot « Innu » signifie « Etre humain » dans leur langage, l’ « Innu-aimun ». Il y a actuellement plus de 16 000 Innus qui vivent dans onze communautés différentes au Québec et deux au Labrador. Axel


Innus are native people from Quebec and they are the descendants of many generations of Amerindian people. They live in North America and more precisely in the North East just in front of the Labrador Sea. The majority live in their traditional territory that they call “Nitassinan” which are reservations


Les Innus sont un peuple autochtone du Québec et ils descendent de longues générations de peuples Amérindiens. Ils vivent en Amérique du Nord et plus précisement sur la côte Nord, en face de la Mer du Labrador. La plupart d’entre eux vivent sur leurs territoires traditionnels qu’il appellent “Nitassinan”, qui sont en fait des réserves. Ewen


https://vimeo.com/159956336

Natasha Kanape Fontaine is a young Innu woman of Pessamit, a people from the North coast of Québec. Committed artist Natasha uses slam poetry to express her feelings about ecology, being a Native American woman, and the troubles that encounter native peoples about the reservations. Indeed the reserves are artificial areas created to gather native people and cut them off from their traditional land so that the government can exploit it. They create roads and electrical pylons for example. The creation of reservations has lead to an oblivion of the traditional culture. Natasha wants native people to take part of the world, study, and have jobs. But above all, she wants them to be proud of who they are and to not forget what their ancestors have been through.


Natasha Kanapé Fontaine est une jeune Innue de Pessamit, un peuple de la côte nord du Québec. Artiste engagée, Natasha utilise le slam pour exprimer ses sentiments et ses opinions sur l’écologie, le fait d’être une femme native américaine et les problèmes que rencontrent les peuples autochtones des réserves. Les réserves sont des zones artificielles créées par le gouvernement pour rassembler les peuples autochtones et de ce fait les éloigner de leurs terres ancestrales ce qui permet au gouvernement d’exploiter ces terres avec la construction de routes ou encore de pylônes électriques. La création de ces réserves a conduit à une perte de culture chez les jeunes natifs. Natasha voudrait que ces jeunes prennent place dans le monde qui les entoure mais surtout qu’ils soient fiers de ce qu’ils sont et qu’ils n’oublient ce que leurs ancêtres ont subi. Killian


Natasha Kanapé Fontaine wanted to meet us because she can’t say all the things she thinks in her country, as she would like to. In fact in Quebec, Innu people are sometimes rejected and it’s very difficult for a woman to explain what she feels. Natasha is one of the first Innu women known to try to change things : the Innu’s place in Quebec and world. She wanted to share her feelings about being a Native Canadian. Our culture and personalities permitted us to understand her message, so she said she felt at ease with our class.


Natasha Kanapé Fontaine voulait nous rencontrer car elle ne peut pas dire tout ce qu’elle pense chez elle comme elle le voudrait. En effet au Québec, les Innus sont parfois rejetés et il est vraiment difficile pour une femme d’expliquer ce qu’elle ressent. Natasha est une des premières femmes innues connues pour avoir essayé de changer les choses : la place des Innus au Québec et dans le monde. Elle voulait partager ses ressentis d’être une canadienne autochtone. Notre culture et nos personnalités nous ont permis de comprendre son message, si bien qu’elle s’est sentie à l’aise avec notre classe. Leïla


Le slam réunit des poètes d’origines, d’inspirations et de styles variés qui forment un spectacle populaire et démocratique. Cela permet de rendre les lectures de poèmes à la fois moins élitistes et moins ennuyeuses. Ce sont des lectures-performances qui rassemblent du monde. Le slam permet à Natasha Kanapé Fontaine d’enseigner aux autres sa culture notamment. Il lui a permis de faire entendre la voix de ces femmes innues qui ont fait barrage contre la société Hydro-Québec. C’est une manière de lutter, de défendre ses valeurs,… La transmission d’un peuple passe par sa langue, le savoir, mais aussi le territoire. Le slam lui est venu naturellement, et lui permet d’être écoutée, au contraire, de la politique, où elle aurait été discréditée. Elle aimerait pouvoir revenir à l’ère passée où la place de la femme était importante, à la spiritualité des anciens peuples et leurs philosophies. Elle fut remarquée à Rimouski, où elle étudiait en art, à Montréal, puis lors des évènements militant au printemps 2012. Elle a arrêté ses études, a publié son premier recueil, et a rencontré des personnes exceptionnelles, d’autres cultures, de peuples, qui lui ont appris beaucoup plus que si elle était allée en cours. Certains de ses vers sont issus de l’innu, sa langue maternelle est indissociable de son identité. Elle ne la parle plus couramment, a dû la réapprendre, mais elle y reste attachée. Elle écrit que la poésie, l’art en général, lui permettent de la sauver : sauver de l’oubli, de l’enfermement, de l’insouciance… Maintenant, les jeunes Innus sont la nouvelle génération qui fait parler d’eux, on les retrouve sur le devant de la scène, un peuple qui renaît de ses cendres.


Slam gathers poets of differents origins, inspirations and styles who form a popular democratic spectacle. This will make poetry readings both less elitist and less boring. These are performance-readings that bring the world.
Slam permits to Natasha Kanapé Fontaine to teach others her culture. It allows her to make heard the voices of the Innu women who made dam against the Hydro-Quebec society. It is a way to fight, to defend their values … transmission of a people through the language, knowledge, but also the territory. The slam came naturally to her, and allows her to be heard, that would not be permitted by politics, which would have discredited her.
 She was noticed in Rimouski, where she studied art in Montreal and at the militant events in spring 2012. She stopped her studies, published her first book, and met in outstanding persons, other cultures, peoples, so that she learned a lot more than if she has continued to go to school.
 Some of her verses are in the Innu language, which is inseparable from her identity. She had to relearn it, but she remains attached to it.
 She writes that poetry, art in general, allow her to be saved, saved from oblivion, from imprisonment, from recklessness…
 Now young Innus are the new generation that is talked about, we find them in the forefront of the scene, a people that rises from the ashes. Almaz


Nous avons rencontré Natasha Kanapé Fontaine le mardi 8 mars. Je ne connaissais pas cette artiste avant ce jour et le fait de la rencontrer m’a fait découvrir son art ( le slam ) et ses origines issues d’un peuple que je ne connaissais pas : les Innus de Pessamit. Ces “Indiens d’Amérique” vivent dans des réserves situées sur la côte nord de la province de Québec. Ils s’appellent d’eux même les Innus, les êtres humains et le terme “indiens d’Amérique” est une fausse appellation mal utilisée. Les Innus forment un peuple très attaché à ses ancêtres et à ses terres et respectent énormément leur culture. “Mes ancêtres sont venus avec moi ici pour saluer les vôtres” nous a-t-elle dit durant sa présentation. Quand Natasha nous a parlé pour la première fois, elle s’est présentée à nous en parlant dans sa langue maternelle, l’innu. Elle nous a plus tard expliqué que les enfants innus, jusqu’à leurs 6 ans apprenaient la langue innue, puis le francais en allant à l’école à la ville. Bien qu’elle ne nous ait pas beaucoup parlé de sa culture natale, nous avons pu voir qu’elle y était beaucoup attachée et que cela représentait une chose très importante dans sa vie. Défendre ses droits à la suite de ses ancêtres lui a donné l’envie d’en faire un art : le slam.


We met Natasha Kanapé Fontaine Tuesday, March 8. I did not know this artist before this day and meeting her made me discover her art ( slam ) and her origins of a people that I did not know : Innu of Pessamit. These “Americans Indians” live on reservations located on the north coast of the Quebec province. Maelle


We talked with Natasha Kanapé Fontaine about Innu’s reservations. She told us that it was the cultural heritage from her ancestors and some companies try to build pylons first by buying their land with money. But, she told us that you can’t sell your ancestors’ land because it’s like killing their memories. Somehow they build it without their permission and so the Innu women blocked the main road to the north and they got arrested.


On a évoqué les réserves innues avec Natasha Kanapé Fontaine. C’est un héritage culturel de ses ancêtres et des entreprises ont voulu construire des pylônes et donc acheter leurs terres mais l’argent n’a pas été accepté car ce serait comme tuer l’âme des ancêtres. Ils ont fini par construire sans leur permission et des femmes innues ont bloqué la route principale et ce sont fait arrêtées. Lilian


Slam is a type of poetry where the author reads or recites his work. This form of art appeared in 1993 in Finland, Sweden and England. It can be a a cappella or accompanied by instruments.


Le slam est une sorte de poème, l’auteur lit ou récite son travail, cet art est apparu en 1993 en Finlande, Suède et Angleterre. Cela peut être a capella ou accompagné par des instruments. Maxime


In the Innu community, women are respected people. According to them, women have the ability to create human beings. If the community is able to see its population growing it’s thanks to women. Women have their place in their community, they are respected and listened to. The Innu community thinks that men have to hunt for living and women have to look after children. You can think that it’s sexism but it’s not because physically speaking, it’s the best way to survive. Wylie